Si le premier album du groupe a été loué pour cette capacité à allier moments d’urgence et de déflagrations soniques garage rock avec des passages mélodieux folk plus apaisés, ce nouvel album s’annonce beaucoup plus ambitieux et encore mieux produit. Afin de passer le cap toujours périlleux du « deuxième album », le groupe a composé des titres plus complexes, plus longs et aux orchestrations plus travaillées (parfois renforcées par du Bouzouki comme sur le titre « Milkman » ou l’Harmonium de Faustine Seilman sur le titre « These Our Dying Days« ) qui pourront parfois rappeler le mouvement post-rock (Godspeed You Black Emperor, A Silver Mt Zion…).
Les rythmiques parfois martiales (les titres « Creator (All Kinds of Love) » ou « A Pin Drops« ) donnent quant à elles une légère couleur krautrock à l’assise de plusieurs titres, l’ensemble réussissant néanmoins à garder une force mélodique indéniable portée par le timbre mélancolique du chanteur gallois Daniel Mark Williams parfois accompagné par des chœurs féminins (à nouveau Faustine Seilman sur « Fine Down Here« ).
Le titre d’ouverture « Morning Light » présente même une lourdeur proche du stoner mais avec un chant aérien et une acoustique folk zébrée de slide guitar qui surprendra d’entrée de jeu l’auditeur.
La fin de l’album permet à l’auditeur de retrouver ses esprits avec un folk déchirant que n’aurait pas renié NeilYoung sur le titre « Sleep It Off » (I’m Not short on inspiration today And that’s the least that you can say) et « Drive Me Home » morceau idéal de fin du monde avec des claviers célestes qui accompagnent des arpèges de guitares que l’on souhaiterait qu’ils ne s’arrêtent jamais.
Un album qui fut très complexe à produire et finaliser mais qui devrait permettre au groupe de rencontrer une belle consécration auprès d’un plus large public fan des groupes ayant marqué l’histoire du « rock indépendant » (R.E.M., Pixies, Nirvana, The National…).