Un ordinateur, quelques logiciels, un mini disc et beaucoup de sensibilité, ont simplement suffi à Lionel Maraval pour créer à la fin des années 90 et au début des années 2000 les compositions néanmoins complexes de son projet Virga.
Les atmosphères glaciales, les nappes sonores, les sons étranges et lointains, y dessinent un monde d’abstraction, fait de lignes droites et de perspectives, brusquement traversé de sentiments perdus qui brisent toute architecture logique.
Son premier album Eïdos, deuxième référence de notre label sortie en 2002 et rééditée en 2003 est le résultat de cette recherche sonore entre post-electro (Antarctique, Marneffe) et ambientschizophrène (Steinbock) ponctuée de rythmiques puissantes (Stakhanov, Enimia).
Ce disque reçu à l’époque un excellent accueil dans la presse spécialisée, notamment le magazine référence d’alors pour la musique électronique, CODA, qui lui donna sa note maximale CODA VITAL, le classant ainsi dans les meilleurs disques du mois d’avril 2003.
Après cet album, Virga réalisa un split album intitulé Baxendall avec son ami d’enfance Lunt, et réalisa plusieurs remix (notamment de Supercilious du label Monopsone).
En 2006, le label fait paraître son deuxième album « Inselberg » au format digital uniquement et en libre téléchargement gratuit sous licence libre Creative Commons, une première pour l’époque. Le disque poursuit les recherches de paysages sonores électroniques qui ne dépareilleraient pas sur les labels référence Warp, Mego ou Ninja Tune.
Lionel Maraval est également un photographe de grand talent, dont le travail a été largement utilisé pour les visuels (pochettes de disques, artworks, flyers, web…) au début de notre label, et qui avait été exposé à la 2ème édition du Forum des Alternatives pour la Musique, à Toulouse, en septembre 2005.
Après plusieurs années consacrées à travailler la photo (à voir absolument en ligne sur sa page Instagram), Lionel Maraval est tout naturellement arrivé à la réalisation d’œuvres vidéo. Il réalise en 2018 son premier court métrage « L’aurore au mois de mai » (en ligne sur sa page YouTube), l’histoire d’un père et d’un fils liés entre autres choses par une géographie intime et des enregistrements sonores étalés sur plus de 50 ans, puis en 2019 le vidéo-clip du premier single « Dasein Bullshit » extrait du nouvel album « Phantom Solids » de son ami de toujours Lunt.
Lionel Maraval est l’un des artistes le plus doué et le plus humble et discret que nous connaissons. Nous espérons de tout cœur qu’il se remette un jour à refaire enfin de la musique et qu’il compose une œuvre d’art totale convoquant tous ses talents : son, image et vidéo.