Avec Leaving the Table, le songwriter Michael Wookey condense ici l’essence de ses derniers disques : mélodies accrocheuses, arrangements classieux, entre pop mélancolique britannique et souffle folk américain — l’ADN est intact, affiné, pleinement assumé.
Écrit et enregistré durant une période suspendue — dans un petit appartement derrière l’Hôtel Amour à Paris, « dans l’attente que les choses se mettent en place » — le disque interroge la famille, la loyauté, l’identité et la place que l’on occupe parmi les autres.
Optigan, Wurlitzer, Pianet, Mellotron, synthétiseurs analogiques et piano acoustique composent le décor familier de son univers. Mais l’approche est volontairement resserrée : chaque chanson repose sur peu d’éléments, laissant respirer la mélodie et la voix. Wookey ne cherche pas l’accumulation, mais la précision.
Un nouvel album qui prendra forme au fil des mois
Leaving the Table paraîtra uniquement en digital, précédé de six singles dévoilés en cascade, à raison d’un titre par mois à partir du 17 avril, jusqu’à la sortie complète de l’album 12 titres le 16 octobre 2026.
Single 1 – “Brother” (17/04)
Brother est une pop song mélancolique qui s’élève progressivement vers un refrain ample avant de retomber dans une forme de solennité apaisée. Un titre qui aurait tout naturellement pu trouver sa place sur TrueLove $ Day. “Come with me brother, through the snow…” La montée rythmique subtile donne au morceau une intensité contenue, durable. Accessible sans être démonstratif, Brother installe le cadre émotionnel du disque : loyauté, doute, attachement.
Single 2 – “I Throw Down My Hands” (15/05)
Première utilisation assumée de l’auto-tune chez Wookey — non comme effet spectaculaire, mais comme fragilité amplifiée. Une pop lente et mélancolique qui évoque l’univers de Sparklehorse, où la voix semble flotter au bord de la rupture.
La chanson commence simplement avec des samples de voix de femmes avec qui Michael a l’habitude de travailler (Kloe Lang, Pauline Dupuy de Contrebrassens et Cybèle le buis, Emilie Rambaud d’Ultraromance), puis propose une élévation progressive avec guitare et chœurs quasi choraux pour un refrain superbement entraînant. Un morceau qui rappelle l’élan narratif de Submarine Dreams et l’énergie de Hollywood Hex.
Single 4 – “Climb To You” (17/07)
Un slow assumé, métronomique, qui monte en tension jusqu’à un final tout en crescendo où batterie et nappes de claviers évoquent un blizzard sonore qui fait écho aux paroles. “I’ll climb the mountain for you…” L’un des sommets émotionnels du disque.
Single 5 – “Battery” (21/08)
Une pop song dans le plus pur style Michael Wookey : refrain accrocheur, instrumentation lumineuse, contraste entre énergie pop et récit d’une occasion manquée en Islande.
Un morceau frontal, presque ironique, qui apporte une respiration plus électrique au disque.
Single 6 – “Muddles Up” (18/09)
Placée en ouverture de l’album, cette chanson est la quintessence de l’art de Michael Wookey. Construit presque exclusivement avec des jouets (sauf la rythmique), reposant sur une ligne de basse irrésistible, c’est le titre le plus immédiat du disque : lumineux, dansant, fédérateur, avec cette pointe d’inquiétude existentielle qui traverse tout l’album.
Les chats sauvages de Tel Aviv
Parmi les moments les plus intimes figure aussi la chanson “The Wild Cats of Tel Aviv”, interprété avec Mickaël Mottet (d’Angil&The Hiddentracks). Initialement composée par nos deux artistes dans le cadre du projet collectif « For Emma Forever» sorti sur notre label en 2025 en femmage à notre artiste amie disparue trop tôt Emma Viguier, le morceau trouve ici une nouvelle résonance : une chanson d’amour adressée à la compagne et à la fille de Michael, basées à Tel Aviv. Sans emphase, sans grand geste, le titre incarne peut-être le centre émotionnel du disque — ce lien invisible entre distance géographique et attachement profond.
Une maturité affirmée
Presque entièrement interprété et produit par Wookey lui-même, Leaving the Table confirme une maîtrise rare : celle d’un songwriter au sommet de son art, auteur d’une pop sophistiquée mais jamais démonstrative, élégante sans être distante, mélancolique sans s’abandonner au pathos.